Objectifs d’épargne partagés : comment les définir à deux

Deux personnes peuvent vouloir la même chose (un logement, un voyage, un matelas de sécurité) et pourtant ne pas avancer, car chacune imagine un montant, un délai et un effort différents. Définir des objectifs d’épargne en couple consiste à transformer un souhait partagé en un plan avec un chiffre, une date et une répartition clairs. Cet article explique comment procéder étape par étape, avec des exemples chiffrés et sans dépendre d’aucun pays en particulier.

Qu’est-ce qu’un objectif d’épargne partagé

Un objectif d’épargne partagé est un but financier que les deux membres du couple veulent atteindre et pour lequel les deux versent de l’argent. Il se distingue d’un simple souhait car il comporte quatre éléments mesurables : ce que l’on veut, combien cela coûte, quand on en a besoin et qui verse combien.

« Nous voulons voyager davantage » est un souhait. « Nous voulons réunir 4 800 en 24 mois pour un voyage » est un objectif. Le second peut être calculé, suivi et corrigé.

Objectifs d’épargne partagés : exemples courants

Voir des cas concrets aide à ordonner les idées. Voici des exemples fréquents d’objectifs d’épargne partagés, avec leur horizon habituel :

  • Fonds d’urgence commun : équivalent à 3-6 mois de dépenses de base. Horizon : 1 à 3 ans.
  • Grand voyage : par exemple, 5 000 pour un voyage d’anniversaire. Horizon : 1 à 2 ans.
  • Apport pour un logement : un montant élevé, comme 30 000. Horizon : 4 à 8 ans.
  • Mariage ou célébration : 10 000 ou plus. Horizon : 1 à 3 ans.
  • Véhicule ou rénovation du logement : entre 6 000 et 15 000. Horizon : 2 à 4 ans.
  • Arrivée d’un enfant : dépenses initiales et baisse temporaire des revenus.

Comment définir des objectifs d’épargne en couple : le point de départ

Avant de parler de chiffres, chaque personne écrit séparément trois ou quatre choses qu’elle aimerait réaliser avec l’argent dans les prochaines années. Ensuite, on compare les listes. Écrire séparément évite que la personne la plus à l’aise à l’oral impose sa vision et fait apparaître des points communs qui n’avaient jamais été dits à voix haute.

Du croisement ressortent trois groupes : les objectifs qui coïncident, les objectifs d’une seule personne et les objectifs qui s’opposent. Les premiers sont le point de départ du plan commun. Les deuxièmes peuvent rester des objectifs personnels, et les troisièmes demandent de négocier les priorités, un point abordé plus bas.

Donner un montant et une date à chaque objectif

Un objectif sans montant ni délai ne peut pas être planifié. Pour chaque but, il est utile de fixer le coût total estimé et la date à laquelle l’argent est nécessaire. En cas de doute sur le prix, on prend une fourchette et on travaille avec la valeur haute, afin que le plan ne soit pas trop juste.

Le calcul de base, sans rendement, est une division : montant de l’objectif divisé par le nombre de mois. Avec 4 800 et 24 mois, le versement commun est de 200 par mois. Si l’objectif est de 30 000 en 6 ans (72 mois), le chiffre monte à environ 417 par mois. En voyant ce nombre, le couple sait si l’objectif correspond à sa réalité ou s’il faut ajuster le délai.

Établir des priorités quand il y a plusieurs objectifs à la fois

Il est rare que tout tienne en même temps. Additionner les versements mensuels de tous les objectifs montre si l’ensemble est réalisable. Par exemple : fonds d’urgence (150), voyage (200) et apport pour un logement (417) totalisent 767 par mois. Si la capacité d’épargne réelle est de 500, quelque chose doit attendre ou être décalé dans le temps.

Un critère utile pour ordonner est la question « que se passe-t-il si cela n’est pas atteint ? ». Une réserve pour les imprévus protège les autres objectifs, tandis qu’un voyage peut être repoussé sans conséquences graves. D’autres critères courants sont l’urgence de la date et l’enthousiasme que suscite chaque objectif chez les deux.

Planifier un objectif d’épargne commun avec intérêts

Si l’argent est placé dans un support qui génère un rendement, le versement mensuel nécessaire diminue, car une partie de l’objectif est apportée par les intérêts. Avec les intérêts composés, les intérêts gagnés produisent eux aussi des intérêts pendant les périodes suivantes.

Exemple illustratif : pour réunir 30 000 en 72 mois avec un rendement annuel supposé de 3 %, le versement mensuel avoisine 380, contre 417 sans rendement. Le rendement futur n’est pas garanti ; il est donc utile de faire aussi le calcul avec un taux plus bas ou à 0 % pour voir la marge. Avec une calculatrice d’objectif d’épargne gratuite, comme celle que propose Docentia, on peut saisir le montant, le délai et un taux supposé pour voir combien épargner par mois dans chaque scénario.

Répartir le versement de façon équitable

Une fois la mensualité connue, il reste à décider qui met quoi. Il existe deux mécanismes courants : à parts égales ou proportionnellement aux revenus. Si une personne gagne 2 400 et l’autre 1 600, la proportion est de 60 % et 40 %. Sur un versement de 500, cela donnerait 300 et 200 ; à parts égales, 250 chacune, ce qui représente un effort relatif plus important pour celle qui gagne le moins.

Il n’existe pas de méthode universellement correcte ; l’essentiel est que les deux comprennent et acceptent le critère. Pour approfondir ce point, l’article sur comment répartir l’épargne quand les revenus du couple sont différents développe les options plus en détail.

Où et comment conserver l’argent de l’objectif

Séparer l’argent de chaque objectif évite de le confondre avec les dépenses quotidiennes. On peut le faire avec un compte joint, des sous-comptes ou un suivi personnel dans un tableur. Chaque formule a ses avantages et ses risques, comme l’accès simultané des deux personnes ou la difficulté de séparer l’argent de chaque objectif. Cette analyse figure dans avantages et inconvénients du compte d’épargne joint.

Une bonne habitude consiste à programmer le versement le jour où les revenus arrivent, de sorte que l’épargne passe en premier et que la dépense se fasse ensuite avec ce qui reste.

Réviser et ajuster le plan

Un plan d’épargne n’est pas un contrat immuable. Il est utile de fixer une révision périodique, par exemple chaque trimestre, pour comparer le prévu et le réel. On vérifie trois données : combien a été versé, combien il reste et si le rythme suffit toujours pour atteindre la date.

  • Si l’on est en avance, on peut raccourcir le délai ou réduire la mensualité.
  • Si l’on est en retard, on peut allonger le délai, baisser le montant visé ou augmenter le versement.
  • Si les revenus ou les circonstances changent, on recalcule tout à partir du solde actuel.

Questions fréquentes

Combien d’objectifs d’épargne communs est-il raisonnable d’avoir en même temps ?

Il n’existe pas de nombre fixe. Ce qui limite, c’est la somme des versements mensuels par rapport à la capacité d’épargne réelle. Beaucoup de couples travaillent avec deux ou trois objectifs simultanés, un de protection et d’autres à des échéances différentes, afin que l’effort reste soutenable.

Comment calculer combien épargner par mois pour un objectif ?

Sans rendement, on divise le montant de l’objectif par le nombre de mois disponibles : 6 000 en 30 mois font 200 par mois. Si l’argent génère des intérêts, la mensualité nécessaire est un peu plus faible et s’obtient avec la formule des versements périodiques à intérêts composés ou avec une calculatrice.

Vaut-il mieux répartir l’épargne à parts égales ou selon les revenus ?

Les deux systèmes sont valables. Les parts égales sont simples à appliquer ; la répartition proportionnelle répartit l’effort relatif de façon plus équilibrée lorsque les revenus diffèrent. L’essentiel est que les deux la jugent équitable et l’aient bien en tête dès le départ.

Que se passe-t-il si le coût d’un objectif change en cours de route ?

On recalcule avec ce qui manque : nouveau montant moins ce qui est déjà épargné, divisé par les mois restants. On voit ainsi la nouvelle mensualité et l’on décide si l’on garde le délai, si on l’allonge ou si l’on ajuste l’objectif.

À quelle fréquence faut-il réviser les objectifs partagés ?

Une brève révision mensuelle pour vérifier les versements et une autre, trimestrielle et plus complète, pour ajuster délais et montants suffisent généralement à garder le plan sous contrôle sans en faire une contrainte.

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